Romain Nativel

Romain Nativel
Concepteur d’ambiances authentiques

Le Carnet d’Alec

Bonjour Romain, quelle place tient l’écriture dans votre vie ?

Depuis tout petit, j’ai toujours eu un petit carnet de poèmes que je gardais secrètement. Je ne le faisais jamais lire à personne.
La formation « Écrire un livre » est venue bousculer tout cela, palier un manque.

J’ai toujours eu dans ma vie ce plaisir d’écrire, de faire de belles phrases.

Il y a 7 ans, je travaillais en bureau d’étude. Dès qu’il y avait un texte à rédiger (un appel d’offre, une charte administrative…) c’était pour moi ! Les autres pouvaient rédiger des dossiers très techniques, mais de mon côté, j’avais envie de rendre cela joli, pour donner envie de lire. Même en traitant d’urbanisme, on peut rendre les choses joyeuses.

Ensuite j’ai exercé 2 ans en tant qu’animateur en développement local où je rédigeais des portraits d’acteurs et de territoires. J’ai adoré !

carnet de Romain Nativel
Le carnet de Romain Nativel

En 2011, vous avez publié Le Carnet d’Alec, pouvez-vous nous en dire plus ?

C’est un recueil de poésies écrites à l’adolescence. J’avais stocké près de 500 poèmes sur mon ordinateur. L’adolescence était pour moi une phase très créative. Les poèmes étaient un moyen d’expression dans un contexte familial compliqué (mes parents étaient en plein divorce). J’ai vécu l’écriture comme un refuge.

La publication du recueil m’a d’ailleurs mis mal à l’aise. J’étais un peu poussé par mes amis. Mais, même si ce fut une occasion de voir ce que je valais, je n’en suis pas très satisfait aujourd’hui.  
Je l’ai plus vécu comme un exercice personnel pour m’exprimer et montrer à mon entourage que j’avais quelque chose à dire. Même si c’était une belle expérience, je n’ai d’ailleurs pas cherché à en faire la promotion. Je l’ai vraiment ressenti comme un cheminement personnel, une partie de mon développement.

Romain, d’où vous vient votre inspiration ? De votre vécu essentiellement ?

Oui. J’ai eu un vécu particulier, une enfance ponctuée de nombreux déménagements ; ce qui fait que je n’ai pas eu d’amis de longue date. La notion « d’amis d’enfance » m’est complètement inconnue ! J’ai rencontré beaucoup de gens au cours de ces changements d’école, des milieux sociaux différents, cela m’a inspiré beaucoup dans l’écriture.

La nature m’inspire beaucoup également.
Aujourd’hui, j’ai changé de métier, je suis jardinier paysagiste. J’aime être seul et me perdre dans la nature. Je ne suis pas asocial au contraire, mais la solitude ne me déprime pas. 🙂

jardins de Romain Nativel
Les jardins de ma grand-mère, Romain Nativel

Peut-être que votre histoire vous a appris à vous adapter, à composer avec la solitude, à en faire une force ?

Oui, car à chaque fois qu’on déménageait, j’ai dû tout reconstruire de zéro. J’ai dû l’aimer cette solitude. En plus, j’ai toujours été très proche de ma grand-mère, j’allais souvent chez elle. Elle est complètement isolée à l’intérieur de l’île de la Réunion (peu de contacts, pas d’internet) … J’étais l’aîné de ma famille et j’ai vite appris à jouer seul, à m’émerveiller de tout, à développer mon imagination…Ensuite, j’ai commencé à lire des textes à mes cousins, à des amis.

Puis, maintenant j’anime des ateliers pour apprendre à se reconnecter avec la nature, accompagnés de lecture de textes. La nature nous ressource. J’ai envie de crier : quittez vos écrans et accordez-vous une pause !

C’est vrai, que de fil en aiguille, depuis la parution de mon recueil de poèmes je suis un peu moins gêné par le fait d’écrire, moins timide.

Qu’est-ce qui vous a mené à suivre la formation « Écrire un livre » en février 2021 ?

Je me suis posé des questions sur moi (ex. suis-je dans la bonne branche ?). Et j’avais surtout envie de me faire plaisir. Je me suis alors rappelé que j’avais le CPF. J’ai tapé « Écrivain » par hasard, dans le moteur de recherche.
En lisant le descriptif de Sunshine, je me suis dit que cette formation me donnerait plus confiance en moi, cela m’a tout de suite stimulé. Peut-être au fond que je cherchai une légitimité. J’ai vu cette formation comme un plaisir, un moyen d’ouvrir mon horizon à d’autres choses.

Avant de commencer, je me rappelai mes cours d’expression écrite en Français et j’avais un peu d’appréhension. Je craignais que ce soit pareil. Mais en fait non, j’ai pris énormément de plaisir à suivre cette formation car à chaque fois, on se dépasse, on a des challenges. Quand on te dit que tu as 4 textes à rédiger sur des sujets complètement opposés, au début tu penses en être incapable. Mais en fait, tu te surprends à y arriver.
Avant je pensais que je n’étais fait que pour écrire de beaux poèmes, mais en fait pas du tout.

Oui, la formation nous fait passer par des extrêmes, nous permet d’explorer toutes nos capacités …

C’est vrai, à chaque exercice, je me disais : ça c’est pour les autres, pour les gens qui savent écrire ! Mais en fait, j’ai réussi. Maintenant je sais que je peux créer des histoires et pas simplement aligner quelques vers pour faire joli.

En écrivant les nouvelles, je n’ai pas cherché à faire joli mais à transmettre quelque chose de vrai. En plus, les formateurs m’ont encouragé. J’ai ressenti une grande liberté dans l’écriture (il n’y a pas ce besoin de tomber sur le bon nombre de pieds…).

Maintenant, avez-vous envie de prolonger l’expérience ? Un projet de roman peut-être ?

Même si j’étais en plein déménagement à l’issue de la formation, je n’ai pas lâché l’écriture (comme nous l’a conseillé Sandra). J’ai donc tenté des concours locaux pour entretenir mon écriture :

  • J’ai participé au concours de poésie organisé par la médiathèque de la ville. Il fallait créer un acrostiche sur le thème du désir avec le mot « bande dessinée ». J’ai remporté le 3eme prix.

J’ai un projet de roman. Mais j’hésite entre 2 voies :

  • Raconter ma vie. Mais je n’ai pas envie de tomber dans la copie de toutes les autobiographies qu’on peut voir,
  • Partir sur un univers imaginaire en me basant sur mon propre vécu. J’irais peut-être vers le fantastique.

Vous voyez, on n’en est qu’au début ! Il faut que j’organise tout cela, mais j’aimerai vraiment y parvenir. Le récit de mon histoire est le seul projet qui me motive à aller vers l’édition.

Mais, de toute façon, je sais que je ne serai pas déçu, même si je ne suis pas édité. Rien que le fait de partager ma passion avec mes proches sera une victoire en soi !


Frissonnez avec Silences amers une nouvelle de Romain Nativel

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