Bertrand Caron

Bertrand Caron
Auteur de nouvelles inspirées du quotidien

Lettres, La fabrication, Revue Ménige #20

Bonjour Bertrand Caron, depuis quand entretenez-vous cette passion pour l’écriture ?

Bonjour. Eh bien, ça remonte à loin. Comme beaucoup d’ados j’ai écris des poèmes, dans le genre “plagiats aimables” des grands classiques.

J’ai toujours considéré que l’oral restait insuffisant pour développer une pensée ou une histoire, que l’écrit restait l’activité reine. Il faut du temps, de la précision, de la maturation. D’où mon admiration pour celles et ceux qui arrivent à le faire sans trop barber et avec un style maitrisé.

J’ai toujours considéré que l’oral restait insuffisant pour développer une pensée ou une histoire

J’ai toujours aimé lire évidemment. Comme je suis un pur autodidacte, je me suis construit avec le temps un univers intellectuel varié qui oscille des sciences humaines aux domaines artistiques ( dont la littérature ). Je continue à l’entretenir.

En gros, un sentiment de faire partie de ceux pour qui écrire est une évidence, un besoin, tout en mesurant la difficulté de mettre en musique ce qu’on a en tête de façon littéraire.    

Décrivez-nous votre univers

Je suis un être complexe, curieux, qui aime apprendre. 

Pour esquisser :
Je travaille dans cette entreprise bien connue qui procure toujours aux français un sentiment ambivalent d’amour / haine, vous avez compris. Je suis ce qu’on appelle un roulant, beaucoup de kilomètres parcourus dans toute la France; ça tombe bien, j’adore voyager, dans le monde aussi.

J’ai eu à une période un engagement militant qui m’a formé à l’esprit critique : vastes lectures historico philosophiques… J’aimais contribuer à des petites feuilles syndicales et on faisait déjà appel à ma plume en me disant : «Tu écris pas mal, mais tu es trop poète !» Ce qui me faisait sourire mais je crois qu’on avait raison, que je ferais mieux d’essayer de faire de la littérature plutôt que d’écrire ces comptes rendus insondables où l’académisme étouffait trop la créativité.

«Tu écris pas mal, mais tu es trop poète !»

Quand je préparais des textes destinés à êtres lus dans des réunions, je ne pouvais m’empêcher d’y placer des procédés de style ou des références / citations vers des auteurs littéraires. Point de vantardise, juste pour le plaisir d’écrire.

Je me suis ensuite amusé à faire le correspondant pour un quotidien régional au service des sports, autre domaine qui m’intéresse, je suis moi même grand pratiquant des sports d’endurance. Je continue d’ailleurs à le faire mais le covid a calmé le jeu pour les sports amateurs que je suivais jusqu’à la prochaine rentrée.

L’écriture journalistique, parfaite école pour savoir faire court, grand public, lisible. Bon exercice aussi pour apprendre à se documenter sur des sports que l’on ne connait pas bien : On ne doit pas se rater face aux coachs parfois corrosifs, lors des petits interviews de fin de match. Bon exercice enfin d’apprendre à rendre sa copie dans des délais courts, ce qui n’est pas toujours évident.     

Votre blog de nouvelles est né en juillet 2020 et commence par des réflexions sur le coronavirus et l’enfermement. Avez-vous ressenti un besoin de libérer votre parole en cette période-là ?

Complètement ! Cette période très particulière m’a laissé du temps pour écrire. J’irai jusqu’à dire qu’elle m’a débloqué pour la fiction.

A partir de mars 2020, j’ai commencé à rédiger des textes plus longs, nouvelles et poèmes. Je participe à des concours littéraires pour me tester et pour avoir des idées de sujets à développer. 

En gros, je prends ces concours comme un excellent moyen de progresser, pour « gâcher du plâtre ».

Où trouvez-vous vos sources d’inspiration ?

Je m’intéresse à l’actualité et aux faits divers, je lis beaucoup aussi, un peu de tout. Quand j’écris quelque chose, je mêle des éléments autobiographiques réels ou fantasmés comme tous les écrivains. Difficile d’ailleurs de faire la part des choses. 

Il est certain que mes expériences personnelles, même banales, celles des mes proches, collègues sont une mine d’or pour partir vers la fiction. Je pense avoir le sens de l’observation et une bonne mémoire, ça aide pour élaborer ensuite.

Parlez-nous de votre processus créatif

Je ne suis pas quelqu’un de spécialement organisé pour écrire. C’est ce qui me manque le plus, j’admire ceux qui organise leur récit et font preuve de méthode. Je suis un spontané qui se laisse bercer par ce qu’il écrit, qui s’étonne parfois de voir surgir des phrases et mots venus de je ne sais où. En même temps, je mesure les limites de ce comportement, je ne crois pas complètement au jaillissement spontané.

Je suis un spontané qui se laisse bercer par ce qu’il écrit, qui s’étonne parfois de voir surgir des phrases et mots venus de je ne sais où


J’aimerais trouver le bon réglage entre l’inspiration et la structure, entre le principe de plaisir et la réalité… Je n’en suis pas encore là !

C’est ce qui vous a donné envie de suivre une formation sur l’écriture ?

Oui, c’est ce besoin d’organisation, j’avais besoin de mieux comprendre la technique créative, non pas pour étouffer ma spontanéité mais pour apprendre à la canaliser.

Quelles techniques appliquez-vous, depuis la fin de la formation, dans vos écrits ?

Je prend plus mon temps pour poser les sujets, créer une structure narrative. Moins de précipitation pour faire une belle prose, davantage de travail de gestation pour donner de la profondeur aux personnages. 

J’applique un style moins littéraire au sens classique, j’essaie de faire des descriptions plus toniques, de l’intérieur, moins longues. 
Je tente de donner plus de rythme et fais en sorte que l’émotion dans mon écriture soit plus présente, quitte à m’éloigner de la prose trop journalistique.

j’essaie de faire des descriptions plus toniques, de l’intérieur, moins longues. 

Je tente de donner plus de rythme et fais en sorte que l’émotion dans mon écriture soit plus présente

Je ne cherche plus à vouloir tout régler lors du premier jet, fond et forme, je passe ainsi plus de temps dans la relecture, pour éclaircir mes phrases et les retravailler.

Quels sont vos prochains projets ? Peut-être un roman ?

J’ai envie de continuer à faire des nouvelles, des poèmes, de m’essayer dans divers thématiques, de me tester et surtout de m’amuser sans me prendre trop au sérieux.  

Mais oui, j’aimerais tenter l’écriture d’un ou plusieurs romans, je pense que cela viendra en son temps, il me faut trouver des sujets qui me donnent envie de faire du long. J’y réfléchis tous le temps, je voudrais aller faire un tour vers l’écriture scénaristique  ( je suis cinéphile ) et théâtrale.

Merci Bertrand pour ce partage d’expériences. Nous sommes ravis que la formation Écrire un livre vous ait aidé à ciseler votre écriture. Nous vous suivrons dans vos projets et vous souhaitons encore beaucoup d’inspirations…


Pour aller plus loin retrouvez Bertrand Caron sur notre blog, et sur aliredelire.over-blo,g.com !

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