Défi Bradbury Sunshine – Tuer les gobelins

Stephen Morlet - Tuer les gobelins

J’arrive dans la taverne. Je manque de me faire renverser par la serveuse qui semble ne même pas m’avoir remarqué, tant elle est pressée. Avec le nombre d’aventuriers, d’ouvriers et autres habitués des lieux à ne cesser de lui commander repas et boissons, je ne peux vraiment lui en vouloir. Je cherche Marc qui a organisé le rendez-vous ici. Comme d’habitude et sans grande surprise, ce nain débrouillard a réservé la table du fond en surplomb. M’ayant repéré, il me fait signe d’approcher, n’hésitant pas à hurler pour se faire bien entendre. Avec lui se trouvent Yol et Thane. Plus discrets que Marc, ils se tiennent tranquille en attendant mon approche. A mon arrivée, mon ami de petite taille, mais ô combien robuste, me prend dans ses bras et me fait même la bise. Sa manière de me saluer me surprendra toujours, mais je ne peux pas dire que ça me déplaise. Du fond de la table, Yol, un renard anthropomorphe aux queues multiples, se contente de me tendre son bras de pour me serrer la main, mais il montre bien qu’il est ravi de me voir. Le plus froid en apparence, autant que l’est son corps de non-mort partiel, est évidemment Thane. Poliment, il se lève de son siège et me tend la main. Le connaissant depuis longtemps, je sais qu’il est content que je sois là, mais je reconnais que son attitude peut en tromper plus d’un. Peu de gens osent fréquenter ouvertement le produit de l’union d’un vampire et d’une humanoïde. Après avoir salué respectivement le nain, le kitsune et le dhampir, je m’interroge.

  • « Reese n’est pas parmi vous ?
  • Il est encore à son second boulot, me répond Marc.
  • Et que fait-il en ce moment ?
  • Alors, qu’est-ce que ce sera pour ces messieurs ? entends-je soudainement de la part d’une voix que je connais bien et qui m’apporte un début de réponse.
  • Tu travailles ici ? fais-je remarquer au serveur sylphe qui n’est autre que Reese.
  • Non, j’ai piqué la serviette au patron après lui avoir cassé la figure tout en retroussant le tablier de la serveuse. »

Je suis quelque peu perturbé par la réplique de mon ami que je devine être une plaisanterie. Mais sa façon de me l’annoncer est si inattendue que j’en perds pied. Je n’arrive vraiment pas à m’habituer à sa constante imprévisibilité. 

  • « C’est surtout lui qu’on attend pour partir, reprend Marc. C’est notamment pour ça qu’on est tous ici. Grouille-toi, le courant d’air ! Maintenant que le grand gaillard est là, tu n’as plus d’excuses pour nous faire poireauter. 
  • Ah ben si, fait remarquer le descendant d’un élémentaire de l’air. Vous en avez encore pour au moins vingt minutes le temps que je finisse.
  • Eh bien, nous t’attendrons dehors, s’impatiente Thane. » 

Sur ces mots, il se lève et se dirige immédiatement vers la sortie. Je suppose qu’il ne peut plus supporter le bruit ambiant que je sais particulièrement dérangeant pour lui. Je dois avouer, au vu du très grand nombre de personnes dans « La Halte de l’Arpenteur », que l’atmosphère n’y est pas des plus appréciables, à cette heure de la journée. Trop de monde. De plus, rester ici signifie consommer. 

  • « Désolé, Reese ! Je suis venu ici pour gagner de l’argent, pas pour en perdre, lui dis-je.
  • Même pas pour une petite assiette de charcuterie-fromage ? réplique-t-il aussitôt.
  • Peut-être bien que … 
  • Non, non, non, rien du tout ! s’interpose immédiatement Marc avant que je ne fasse une bêtise. Ne commence pas à me l’embobiner ! En plus, toi, tu me dois encore du fric, alors on va bien attendre sagement dehors et éviter d’être tenté par ce diable ! Tu as intérêt à être là dans trente minutes, toi ! »

Je me retrouve ainsi entraîné par mon ami et créancier vers l’extérieur. Thane nous a déjà devancés et celui qui ferme la marche n’est autre que Yol. Près de trois quarts d’heure passent durant lesquels nous revoyons la mission pour laquelle nous nous sommes engagés aujourd’hui. Un sauvetage en l’occurrence. Des gobelins ont enlevé, aux dires des fermiers qui ont transmis les informations à la guilde, plusieurs jeunes femmes dans un hameau. L’antre serait apparemment facile à trouver et le problème, aisé à résoudre. On entre, on tue les monstres, on sauve les demoiselles et on rentre en héros. C’est effectivement une mission simple. 

J’imagine que nous n’aurons pas trop de mal avec les gobelins. Ce sont apparemment les créatures humanoïdes les plus faibles qui puissent exister. Leur seule véritable force serait dans leur nombre. Toutefois, au sein de la grotte, il parait évident que nous n’aurons pas à en affronter un grand groupe en même temps. 

Nous revoyons également la tactique. Etant le guerrier du groupe, donc armé et protégé de façon classique, épée longue et armure de cuir, je serai en première ligne. 

Marc restera en arrière avec son arme à feu. Je ne me fais pas trop de soucis. Il est précis et l’a déjà prouvé à maintes reprises. 

Yol se rit de nous. Pas de façon moqueuse, mais il aime nous taquiner sur le fait que nous ayons besoin d’armes alors que lui, absolument pas. Je sais qu’il aimerait beaucoup faire sortir ses flammes de ses mains pour le plaisir, mais l’usage de la magie est limité chaque jour, aussi s’économise-t-il. 

Thane reste tranquillement dans son coin, seul, comme à son habitude, à réviser son livre de prières. Je suppose qu’il vérifie quels sorts seraient les plus efficaces au vu de la situation, même si je pense qu’il ne doit pas en connaître beaucoup. Après tout, il n’a pas beaucoup plus d’expérience que nous. D’ailleurs, tous, nous n’avons finalement que peu tâté le terrain en tant qu’aventuriers.

Reese nous rejoint enfin. Depuis le ciel, son compagnon animal, un faucon, surgit et se pose en douceur sur son épaule. Il est déjà entièrement équipé. Armure de cuir, tout comme moi, mais la sienne est plus raffinée. Bien entendu, il tient en main son arc, et ses flèches sont à portée de l’autre. Puisqu’il est parmi nous, cela signifie que nous sommes parés. A nous cinq, j’estime que nous ne devrions pas avoir trop de mal. Après tout, il ne s’agit que de gobelins.

N’ayant pas de montures à disposition, celles-ci étant tout simplement trop chères pour nous actuellement, nous n’avons d’autre choix que d’effectuer le chemin à pied. Tout d’abord, il nous faut nous rendre au hameau où les enlèvements se sont produits.

Plusieurs heures de route sont nécessaires pour rejoindre le regroupement de fermes où les pillards sont passés dernièrement. Durant la marche, je constate que je ne suis pas encore tout à fait habitué au port de mon équipement sur de longues distances. Il faudra que je trouve un moyen de moins être gêné par celui-ci. Plusieurs fois, je dois replacer le fourreau de mon épée de manière à ce qu’il ne gêne ni mes mouvements, ni ceux de mes compagnons. A force, je reste la main dessus afin de le maintenir en quasi-permanence. Quant à mon armure de cuir, la sueur ; provoquée à la fois par le port de l’armure, la marche et la chaleur ambiante d’une journée printanière ; la rend désagréable à porter et ma chemise de lin n’arrange pas vraiment la situation. Mes autres compagnons semblent avoir leurs propres soucis à gérer. Certains points se résolvent en deux temps, trois mouvements. D’autres nous font prendre conscience que nous ne sommes vraiment que des débutants, ce qui ne manque pas de déclencher quelque débat houleux, mais tout à fait oubliable.

Midi est passé quand nous arrivons à l’endroit prévu. Nous constatons que la vie bat son plein. Les animaux sont en train de paître paisiblement, les fermiers sont aux champs et tout semble en ordre. Je n’imaginais pas la scène ainsi. Difficile pour moi de croire que des gobelins soient passés dernièrement pour tout saccager. Thane et Yol nous font remarquer que quelqu’un est là pour nous accueillir.

  • « Bien le bonjour, aventuriers ! J’imagine que c’est vous que la guilde envoie pour nous débarrasser des gobelins ?
  • Oui, tout à fait, répond Marc sans hésiter étant le plus prompt à prendre la parole.
  • Parfait ! Je vais vous montrer dans quelle direction ils sont partis. »

Tous, nous suivons l’homme que je devine être l’équivalent d’un bourgmestre. Il s’agit au moins du porte-parole. 

  • « Voilà l’endroit où on les a vu s’enfuir pour la dernière fois. Bonne route, aventuriers ! 
  • Excusez-moi, avant que nous ne partions, j’ai une question à vous poser, dis-je.
  • Oui, mais faites vite !
  • L’ordre de mission mentionnait que vous avez été pillés.
  • C’est exact ! Nous avons passé la veille à enterrer les morts, nettoyer les terres, brûler les cadavres des vermines que nous avons réussi à tuer, bref, toute la journée d’hier a été consacrée à nettoyer les traces du pillage. Une journée de perdue pour les cultures et les conséquences s’en ressentent encore.
  • Combien y a-t-il eu de morts ? demande Reese. 
  • Sept hommes, deux femmes et cinq enfants y sont passés. La moitié de nos bêtes a été soit massacrée, soit emportée.
  • Avez-vous besoin d’un prêtre pour les rites ? questionne Thane.
  • Ce serait un grand soulagement pour nous tous, néanmoins, la priorité est de sauver les femmes qui ont été enlevées, même si je doute qu’elles soient encore en vie. Dans tous les cas, vous devez détruire ces vermines.
  • Les gobelins sont si dangereux que ça ? »

Pendant un instant, je me demande si je n’ai pas dit une bêtise. Comme un enfant qui avouerait à son maître d’école ne pas avoir fait ses devoirs et que ce n’est pas grave. Le regard de notre interlocuteur est pendant un instant effrayant. Mais il se contente de me répondre le plus tranquillement possible.

  • « Je sais que pour vous, les aventuriers, tuer du gobelin n’a rien de prestigieux. A vous voir, je peux même constater que vous n’avez vraisemblablement pas beaucoup d’expérience. C’est peut-être même votre première mission. Laissez-moi vous apprendre un conseil qui vous sera fort utile. Ne sous-estimez jamais vos ennemis. Les gobelins sont des voleurs, pillards, violeurs, tueurs et ils se délectent de tout cela. Ils ne songent qu’à nous faire le plus de mal possible et ils y arrivent, surtout parce que personne ne veut les considérer intéressants. Nous avons donné à la guilde tout ce que nous possédions en argent pour qu’ils acceptent notre requête. Nous avons même du emprunter et nous endetter. Je sais déjà que si nous revoyons nos femmes et nos filles vivantes, elles seront souillées. Nous aurions évidemment pu nous en occuper nous-mêmes. Mais nous ne sommes ni des combattants, ni des mages. Nous n’avons aucune chance contre eux. Ils nous ont battus et humiliés sur notre propre terrain. Imaginez ce que ce serait si nous allions les affronter sur le leur. Voilà à quoi nous en sommes réduits. A implorer de l’aide parce que nous sommes incapables de nous défendre. Et cette aide, il nous faut la payer. Alors, je vous en prie. Exterminez-les jusqu’au dernier ! »

A la fin, les larmes lui coulent à flot le long de son visage. Il n’est plus que haine envers les gobelins et ressentiment envers un système qui les considère comme négligeables. J’avais entendu beaucoup de choses sur les gobelins, mais jamais je ne me serais douté qu’ils puissent être davantage que nuisibles. A l’entendre, ils sont particulièrement monstrueux. Je ne sais que répondre. J’ai l’impression que je n’ai pas mon mot à dire en vérité. 

  • « Soyez tranquille, monsieur ! répond Yol. Maintenant que nous sommes là, ces gobelins seront bientôt de l’histoire ancienne. Nous allons nous en assurer. »

Sans dire un mot de plus, nous reprenons notre route. Reese est en tête cette fois. Il a déjà repéré des traces de pas qui ne sont absolument pas celles d’êtres humanoïdes classiques. La taille et la forme des empreintes l’invitent plutôt à penser qu’il a trouvé où sont partis précisément nos proies. D’ailleurs, d’autres empreintes se mélangent aux leurs. Probablement celles d’animaux de ferme. Néanmoins, Reese s’inquiète de voir les traces d’un chien dont il ne connait absolument pas la race. Cela étant, il semble que ce soit assez proche d’un chien de berger. Ce qui signifierait probablement qu’au moins un chien de la ferme a été enlevé.

    Il se passe au moins une heure avant que nous ne trouvions l’entrée de la caverne. Les traces, laissées grossièrement, mènent justement à l’intérieur. Je reprends la tête du groupe. Pour ma part, je suis dans l’obligation d’allumer une torche. N’étant qu’un simple humain, même si du côté de mon père, je peux soupçonner une ascendance orque, et du côté de ma mère, une ascendance elfique, je n’ai pas de capacité naturelle pour voir dans le noir contrairement à trois autres membres du groupe qui m’accompagnent, à savoir : Marc, Thane et Reese. Yol, tout comme moi, a également besoin de lumière pour y voir. Mais contrairement à moi, une faible luminosité lui suffira amplement. Autrement dit, je serai le membre du groupe le plus aveuglé. Je me demande par conséquent s’il est judicieux que je passe devant.

  • « Ta remarque est judicieuse, Temple, me dit Yol. Mais j’ai absolument besoin de mes deux mains libres pour lancer mes sorts et je suis prêt à parier que c’est à peu près la même chose pour Thane. 
  • Non, je n’ai besoin que d’une main libre, mais je dois tenir mon livre de prières en permanence. 
  • Quant à Reese et moi, on ne tient ni un arc ni un fusil avec une seule main. Tu es le seul qui puisse porter la torche. Dommage que tu n’aies pas de vision thermique.
  • Et puis, je te rappelle que tu es le plus robuste de nous tous. Lorsque nous serons attaqués, c’est toi qui nous permettras de nous en sortir, me rappelle Thane.
  • J’ai compris. Je prends les coups pendant que vous envoyez la sauce.
  • Exactement ! déclare Yol.
  • Très bien ! Entrons ! dis-je. »

Bien que non rassuré, je dois me rendre à l’évidence. Je suis le tank du groupe, c’est-à-dire que mon rôle n’est pas de tuer les monstres que nous rencontrerons, mais d’attirer leur attention et d’encaisser leurs coups afin que mes compagnons les tuent de manière aisée. J’espère ne pas avoir à trop en souffrir. Le portrait qu’a dressé le villageois sur les gobelins ne me plait vraiment pas. Cela couplé à l’obscurité envahissante des souterrains fait naître en moi une peur grandissante. 

L’unique galerie continue tout droit sans que nous ne remarquions quoi que ce soit d’intéressant. Toutefois, l’odeur est assez forte pour donner aux âmes les plus sensibles la gerbe. Je suis pris dune légère nausée, mais résiste fortement à l’envie de vomir. Mes compagnons sont également pris par cette sensation à l’exception de Thane que sa condition de non-mort protège. En revanche, Yol se sent mal. Son odorat est plus développé que le nôtre. Il doit sentir sa truffe lui brûler, tant l’odeur est insupportable. En fait, il est même capable de décrire avec précision l’origine de cette odeur et sa composition. Celui-ci nous chuchote ce qu’il en est. Je ravale ma salive en apprenant qu’il s’agit de diverses viandes, y compris humanoïdes, mélangées à de la saleté environnante en plus de la sueur des gobelins, mais également d’autres fluides. Le villageois avait raison. Si les victimes d’enlèvement sont encore vivantes, elles ont été abusées. Cela fait naître en moi une profonde colère, mais je la contrôle pour le moment. Il ne faut surtout pas commettre la bêtise de me lancer seul à l’assaut. Qui sait combien ils sont ?

Nous arrivons devant une bifurcation. Cela nous pose évidemment un gros problème puisqu’il nous faut déterminer quel chemin choisir. Malheureusement, Yol ne peut plus nous aider. Son museau est bien trop échauffé. Les effluves sont si violents qu’il en a la truffe gonflée. Il peut encore respirer, mais plus question de pister à l’odeur. Heureusement, Reese peut continuer à suivre les empreintes et constatent que la plupart des gobelins sont partis à gauche.

  • « Et à droite ? je demande.
  • Surtout des traces de sabots. Pas celles du chien, étonnamment. Ils ont du l’emmener avec eux. Les femmes ont également été trainées à gauche.
  • Pas de gobelins ?
  • Difficile à dire. J’ai l’impression que non. Mais les traces des animaux sont si rapprochées qu’elles ont pu effacer les leurs. En tout cas, s’il y en a, ils ne sont pas très nombreux. J’en ai compté une vingtaine de différentes depuis le début et il me semble qu’ils sont tous partis à gauche. 
  • Bon, dans ce cas, j’imagine qu’on va tous à gauche.
  • Attendez ! nous stoppe Thane avant que nous ayons pris réellement une décision.
  • Quoi ? 
  •  J’ai entendu une plainte. A droite. Je crois que c’est une voix féminine.
  • Ok ! Dans ce cas, tous à droite ! »

Ma décision de nous faire passer à droite suite à la remarque de Thane ne plait pas particulièrement à tous. Cependant, aucun d’entre nous ne peut rester totalement insensible à la possibilité de sauver immédiatement l’une des villageoises. Si Thane l’a entendu, c’est probablement qu’elle est bien plus proche que toutes les autres. J’ai alors un mauvais pressentiment. Je ne peux malheureusement l’expliquer. Quelque chose me dérange, mais je n’ai rien pour m’appuyer dessus. Soudain, une explosion retentit derrière nous au loin.

  • « Courez ! nous ordonne immédiatement Yol qui était tout derrière nous. »

Etant confus, je ne me lance pas immédiatement, mais en voyant Reese et Marc me foncer dessus, je suis ramené instantanément à la réalité et fonce droit devant moi. En quelques dizaines de mètres, nous émergeons dans une partie plus importante de la caverne où sont entassés un grand nombre de marchandises, de victuailles ainsi que tous les animaux. Je remarque également, tout au fond, et je ne suis pas le seul, qu’il y a quelqu’un.

C’est une jeune femme. Une demi-elfe, je dirais. Probablement l’une des villageoises qu’il nous faut sauver. Elle est complètement nue. Dans des circonstances normales, je serais tout chose, mais ici, je suis simplement stupéfait. D’autant qu’en m’approchant d’elle, je perçois des détails bien plus dérangeants. Apparemment inconsciente, elle est enchaînée à un mur. Je perçois que ses vêtements ont été totalement arrachés. Elle est recouverte de traces de toutes sortes. Griffures, morsures, suçons, hématomes et même brulures. En fait, il y en a trop pour que je les remarque toutes. Son entrejambe est rouge. A la fois à cause d’inflammations et du sang. Le sien. Combien de fois a-t-elle été violée ?

  • « T…, murmure-t-elle avec de grandes difficultés.
  • Je pense qu’elle veut qu’on la tue, suppose Marc. 
  • Vu son état, je comprends largement, ajoute Thane.
  • Attendez ! fais-je. Ne vous en faites pas ! Nous allons vous sortir d’ici. »

Ma première erreur est de me concentrer intégralement sur la victime. La seconde de croire qu’elle veut qu’on abrège ses souffrances. En fait, elle ne cherche qu’à nous avertir. Tout cela, je le comprends malheureusement au moment où le gobelin me saute dessus avec son arme, me plantant sa lame dans l’épaulière de mon armure. Je pense qu’il visait ma tête, mais que mes réflexes salvateurs m’ont permis de dévier le coup porté. Néanmoins, même si le cuir n’est pas traversé, la force dans la frappe est suffisamment brutale pour être ressentie comme un violent coup de poing. Tout le groupe se déchaîne sur le monstre. En un instant, un coup de feu suivi d’une balle, une flèche et une combustion s’abattent sur le monstre à la peau verte. Il souffre horriblement, mais chose encore plus effrayante, il est toujours debout.

Je me relève et lui fonce dessus, pointe en avant. Je l’empale et le soulève. Je constate avec horreur qu’il est toujours vivant et qu’il tente même de me découper à l’aide de sa lame. Le tenant à bout de bras, c’est mon bras gauche qui est entaillé. Ce qui me fait lâcher ma lame. Bien que transpercé de part en part, le gobelin se tient toujours debout devant nous. 

Thane, qui n’a pas encore dit son dernier mot, se jette sur lui avec sa masse et assène un violent coup sur le crâne de notre ennemi. Celui-ci tombe enfin à terre, mais est toujours vivant, puisqu’il se débat encore. Je plonge sur mon épée et l’arrache de son ventre. Je la lève. Rapidement et efficacement, je l’abat sur son crâne. Encore. En encore. Jusqu’à ce qu’il ne bouge plus. 

En fait, je ne souhaitais que le décapiter. Mais ne parvenant pas à viser sa gorge, je continue à abattre ma lame jusqu’à ce que mort s’ensuive. 

Une fois la tête du gobelin en bouillie, je commence enfin à respirer normalement. Mais Yol nous rappelle tous à l’ordre. 

  • « Tout le monde en position ! Ils arrivent !
  • Au fait, qu’est-ce qui s’est passé tout à l’heure ? demande Marc, qui a déjà rechargé son fusil.
  • J’avais placé une rune lorsqu’on est passé devant un croisement que j’étais apparemment le seul à avoir remarqué. Celle-ci devait exploser si jamais un gobelin passait dessus afin de nous prendre à revers, nous révèle Yol.
  • Tu aurais pu nous prévenir ! 
  • Vous étiez tellement pressé d’avancer !
  • Stop, vous deux ! Ce n’est pas le moment ! La rune s’est avérée utile, mais ils doivent tous savoir qu’on est là maintenant ! fait remarquer Reese.
  • C’est justement pour ça qu’on doit se préparer à les accueillir, dit Yol.
  • En plus, avec la détonation de ton fusil, on se serait de toute façon fait repérer, nous dit Thane. Ils sont bientôt là. Je les entends. Et ils sont sûrs d’eux. 
  • Très bien ! On va placer de quoi nous barricader. Temple, je suis désolé, mais il va falloir que tu ailles les tenir en respect. 
  • Je m’en occupe.
  • Attends, avant d’y aller, tu prends ça, m’arrête Thane. »

Instantanément, je sens mes forces revenir et je vois mon entaille disparaître. Je constate d’ailleurs que la douleur à mon épaule s’évanouit également. Je comprends que mon ami détestant le soleil vient d’user d’un sort de soin sur moi. 

  • « Tâche de ne pas trop en faire ! Je ne te soignerai pas pendant le combat. Mes sorts ne seront pas aussi efficaces que maintenant. Alors, reste en vie ! »

Je me contente d’acquiescer.

Je bondis par-dessus les remparts de fortune que mes amis ont placés devant eux. Je suis hélas le seul à pouvoir me battre efficacement au corps-à-corps, ce qui fait de moi le seul autre obstacle entre ces créatures et mes compagnons. Je ne me sens pas serein. J’ai vu combien il est difficile de se battre contre une seule de ces créatures. Combien s’apprêtent à fondre sur moi ? Reese a parlé d’une vingtaine. Je tremble de tout mon être. Je sens mes doigts et mes orteils plus froids que jamais. J’ai tant de mal à tenir mon épée. Dans l’autre, la torche me permet d’y voir. Et ce que je vois, paradoxalement, me glace le sang, tout en provoquant un échauffement plus que bienvenu puisque je hurle et me lance à l’assaut.

Depuis la galerie arrivent cinq gobelins. Tous sont semblables à celui qui nous venons d’affronter. La peau verte, d’immenses oreilles pointues, des crocs qui le sont tout autant, la tête disproportionnée par rapport au corps ridiculement petit. Je trouvais Marc pas bien grand, mais même lui parait géant à côté d’eux. 

La difficulté pour moi est de parer et d’esquiver leurs coups tout en les abattant. Autant dire que je n’arrive à rien. Ils sont heureusement moins adroits que moi, ce qui n’est pas rien. Certains arrivent tout de même à m’asséner quelques coups, mais rien de bien significatif, à l’exception peut-être de l’un d’entre eux qui a tapé en plein sur l’arrière de mon genou pendant que je ne le regardais pas, ce qui évidemment me fait plier et tomber. 

C’est un mauvais moment pour moi qui se prépare. Les gobelins se lancent tous sur moi et si j’avais été seul, je serais probablement broyé de toutes parts. Heureusement, je ne suis pas seul. L’un d’eux est immédiatement abattu par la balle de Marc tandis qu’un autre s’envole suite au tir d’une flèche de Reese. Un troisième brûle en ce moment même. Cependant, il en reste deux autres. Ceux-ci s’abattent sur moi et je peux remercier Thane pour son intervention. Au-dessus de moi, une force invisible arrête les gobelins qui ne parviennent pas à me toucher. Je comprends qu’il s’agit là d’un sort de protection. 

  • « Relève-toi ! entends-je. »

Je ne sais pas à qui je dois cet ordre, mais j’obéis et me relance au combat. J’abats les deux gobelins qui n’ont pas été touchés par mes compagnons tandis que ces derniers finissent les trois autres dont ils se sont occupés. 

  • « Temple, reviens immédiatement ici ! hurle Yol. »

Je ne sais exactement pourquoi il me demande ça. Sans doute qu’il prépare quelque chose. Bien sûr, il pense peut-être que je ne suis pas en mesure d’affronter les autres, mais ce qui arrive me fait vite comprendre qu’il était absolument nécessaire que je me mette à l’abri. 

Depuis le tunnel, une salve d’une quinzaine de flèches nous tombe dessus. Sans l’intervention de Yol et sans la barricade, nous serions tous morts. Quelques animaux d’ailleurs prennent les flèches en question. La demi-elfe est cependant trop loin pour en être victime.

Une autre salve de flèches tombe. Marc a la malchance de voir son pied perforé par l’une d’elles, ce qui ne manque pas de lui faire lâcher un cri mélangé à un juron. D’autres tombent près de nous. C’est assez ironique que ce soit le plus petit d’entre nous qui soit le seul à être touché.

  • « Ecoutez ! Ils tireront tant qu’ils seront persuadés que nous ne sommes pas touchés ou gravement blessés. A la prochaine, hurlez comme Marc l’a fait ! nous fait remarquer Reese. »

Tous, nous acquiesçons sans discuter. Une salve suivante est effectivement tirée et là, nous hurlons d’une fausse douleur. Mais les gobelins, peut-être habitués à ce genre de stratagème, continuent de tirer. Deux salves supplémentaires tombent avant que nous ne décidions de nous taire. Puis plus rien. Mis à part les ricanements. Peut-être sont-ils à court de flèches.

    Tous les gobelins restants approchent. A travers les failles de la barricades, sans bouger, nous voyons qu’ils sont effectivement dix-sept. Quinze d’entre eux sont comme tous ceux que nous avons affrontés. Un seul d’entre eux est particulièrement grand et fort, plus encore que je ne le suis. On dirait un orque, sauf qu’il est bien plus gros et bien plus laid. Après tout, c’est toujours un gobelin. Le dernier est habillé étrangement. A en juger son bâton et ses ornements, notamment ses nombreux, très nombreux, piercings, nous concluons qu’il s’agit d’un lanceur de sorts. Il faut l’abattre au plus vite. Je dois donc retourner à l’assaut faire diversion tandis que Yol, Marc et Reese s’acharnent sur lui avant de s’en prendre à tous les autres. 

    Ils approchent. Quelques-uns montent sur la barricade. Leur imprudence montre bien qu’ils sont persuadés de notre mort. Quelle n’est pas leur surprise en recevant de notre part les coups de nos armes. Une tête décapitée, une autre explosée, une encore, perforée, et la dernière, calcinée. Cela fait quatre de moins. Plus que treize. 

    Depuis notre cachette, je bondis. Comme pour tout à l’heure, mon but n’est pas tant de les tuer que d’empêcher leur progression. Un bouclier m’aurait été fort utile. Et au vu des archers qui continuent de me viser, une chemise de mailles à l’avenir sera plus que nécessaire. Tandis que j’en maintiens autant que possible à distance, j’entends l’un d’entre eux souffrir comme jamais. Au loin, je vois celui identifié comme le lanceur de sorts, et probablement le chef, en flammes. Mais ce n’est pas celui dont je dois m’inquiéter.

    Derrière moi, Thane m’a rejoint au corps-à-corps et empêche ceux qui m’ont contourné d’avancer ainsi que de me prendre à revers. En tant que prêtre, son entraînement lui permet de se défendre efficacement. Même sans magie, il continue en plus d’assurer ma protection. Mais le trop grand nombre fait que tous peu à peu vont être amenés à se battre au corps-à-corps.

    Je me retrouve face au plus grand d’entre eux. Je le redoute. D’un seul coup, il peut en finir avec moi. Le combat s’engage. Il n’a aucune arme, mais la taille de ses poings parle pour lui. Je tente de lui asséner un violent coup à la tête, mais il attrape ma lame sans aucun mal et la brise de ses mains. Je suis horrifié. Il semble ne même pas saigner du tranchant de l’arme. Celle-ci était-elle si imbibée de sang et de saleté qu’elle ne pouvait plus taillader ?

    Je me fais alors attraper par lui et telle une massue, il me balance contre le sol, puis le mur, puis à nouveau le sol. Il s’en amuse. Je frappe chaque fois le sol ou le mur avec une telle violence que je me demande comment je fais pour ne pas perdre connaissance. Les rares moments où je ne suis pas en train de servir de serpillère ou de tapette à mouche me permettent de constater, toujours avec horreur, que mes compagnons sont submergés. Je suis tellement secoué que je n’entends plus rien, hormis un son strident et aigu. Je crois que la fatigue s’empare tellement de moi qu’elle veut me faire dormir pour l’éternité.

    Je suis percuté une dernière fois contre le mur avant d’être balancé au loin, tel un déchet. Mon corps est tellement endolori que je ne parviens même plus à bouger sans ressentir une horrible douleur. Le gros gobelin s’approche de moi, un rocher entre les mains au-dessus de sa tête. Je suis sûr que quelques secondes sont passées avant qu’il ne revienne à moi, mais je crois que je suis tout simplement en train de perdre la notion du temps. Bientôt, je perdrai la vie. Encore un instant. 

    Puis je sens que mes forces me reviennent. J’ai toujours mal, même horriblement mal, mais je suis en mesure de bouger. Je roule sur le côté avant que le rocher ne m’écrabouille. Je me rends alors compte que je n’ai jamais lâché mon arme, aussi brisée soit-elle. Je perfore immédiatement le mollet de mon agresseur qui hurle instantanément. Puis je me relève. Et je plante ce qu’il reste de mon épée dans sa gorge. Je retire mon arme et je la replante. Encore. Et encore. A chaque coup, des gerbes de sang surgissent. Il tente de m’en empêcher, mais la douleur accompagnée de la perte de sang diminue ses forces. Je finis par le décapiter de manière brutale puisque je lui arrache la tête à chacun de mes coups. 

    Puis il tombe. En s’effondrant, je constate que ce sont à présent les gobelins qui sont horrifiés. Probablement par mon aspect. C’est un sang noir et visqueux qui me recouvre de la tête aux pieds. Mon morceau de lame en main, je me lance sur eux. A cause de l’obscurité ambiante contrebalancée par la faible luminosité de la torche qui repose au loin, je ne vois pas mes amis, mais je les entends. Cela entretient la rage qui est en moi et je me lance à l’assaut de tous les gobelins que je vois. Ceux-ci ne fuient pas. Pour leur plus grand malheur. 

    Je deviens le nouveau monstre. Je les massacre les uns après les autres. Quand le dernier d’entre eux est mort, je manque de tuer l’un de mes compagnons. Heureusement, celui-ci a vu mon coup venir et moi, j’ai pu arrêter net mon geste en voyant son visage tuméfié. Marc est vivant. En fait, ils sont tous vivants. Mais en piteux état. Même le faucon de Reese est vivant, mais son aile est brisée. Heureusement, Thane peut tous nous soigner. C’est d’ailleurs grâce à lui si j’ai pu m’en sortir devant ce que j’apprends être un hobgobelin. 

    Seul rescapé de cette rixe, le chef, apparemment. Celui-ci se serait enfui à la mort du hobgobelin, mais je préfère rester prudent. Il est probablement dans un coin à attendre notre arrivée afin de nous tuer de la façon la plus lâche qui soit. Nous libérons la jeune demi-elfe et nous l’emmenons avec nous. De même pour les nombreux animaux encore en vie. Toutefois, je tiens à finir d’explorer complètement la grotte. Nous nous lançons donc dans la partie non-explorée.

    L’équipement des gobelins, bien que rudimentaire, s’avère utile pour que je sois mieux préparé à la suite. Mon épée étant brisée, n’importe quelle autre lame fera l’affaire. D’ailleurs, je compte bien vider l’intégralité de cette grotte afin d’en tirer un maximum de matières premières recyclables.

    Nous finissons par déboucher sur une salle qui semble être le refuge même des créatures que nous avons tués jusqu’au dernier. Du moins, c’est ce que j’espérais. Du fond de la salle, une boule de feu nous fonce dessus. Nous nous jetons tous à terre. Nous prenons une partie des dégâts occasionnés. Dans un élan ravageur, je me relève et fonce à mon tour sur l’origine de ce sort. Derrière un rideau d’ossements, je perçois le chef gobelin qui est déjà en train d’en préparer une autre. Fatale erreur. C’est justement le feu, qu’il crée entre ses mains, qui me permet de le repérer et de lui asséner un coup mortel. 

    Apparemment, il ne savait pas lancer de sorts de soins. Il est entièrement noirci de la tête aux pieds. Yol l’avait bien entamé, mais il devait avoir une vitalité extraordinaire.

    Nous retrouvons toutes les villageoises enlevées. Aucune n’a échappé à leur attention. Elles ont toutes été violées et torturées. Thane perçoit par ses compétences de soins qu’elles n’en auraient plus eus pour très longtemps. Nous remarquons que l’une d’entre elles est anormalement grosse uniquement au niveau de l’abdomen. Puis ce que je croyais impensable se produit devant nous. Elle accouche douloureusement et rapidement d’un jeune gobelin. Celui-ci sait déjà marcher. Il nous regarde d’une étrange façon. Il semble comprendre que nous ne lui sommes pas liés.

    Sans aucune pitié, Marc lui explose le crâne grâce à son fusil. Je ne sais comment réagir. Puis j’entends du bruit. Derrière le rideau de crâne où j’ai tué plus tôt le chef gobelin. Il y a tout d’abord un trône. Fait d’os et de peau. Ensuite, un petit tunnel où il m’est nécessaire de m’agenouiller. Enfin, j’arrive dans une petite alcôve. Là se trouvent de très jeunes gobelins. Yol m’a déjà rejoint, suivi de Reese.

    Tous les enfants sont effrayés. L’un d’entre eux saisit même une arme.

  • « Je suis désolé, Temple, mais nous devons les tuer jusqu’au dernier. Les gobelins naissent déjà mauvais, me révèle Yol.
  • Ne t’inquiète pas, on ne te force pas à t’occuper de ceux-là, ajoute Reese.
  • Non, laissez-moi ! Je vais le faire, dis-je.
  • Tu en es sûr ? On compte déjà beaucoup sur toi.
  • On comprendra que tu ne puisses pas.
  • Je ne peux pas continuer à voir le monde à travers un filtre. Il faut que j’aille jusqu’au bout. J’ai juste besoin que vous attendiez à l’extérieur.
  • Ok. On va faire comme ça. »

Ainsi, me voilà seul face à de futurs pillards, violeurs et tueurs. Ils n’ont pourtant pas l’apparence des monstres que j’ai tués jusqu’ici. Ils ont même l’air innocents. J’hésite à m’en prendre à eux. Je ne peux cependant rebrousser chemin. Aussi, je m’approche d’eux. Doucement. Je ne suis même pas sûr de ce que je vais faire. Est-ce le fait que le seul armé me fonce dessus qui m’a décidé à tous les tuer jusqu’au dernier ? Est-ce la rage qui m’a habité tout à l’heure, qui s’est emparé à nouveau de moi ? 

Lorsque je ressors, je suis encore plus couvert de sang et d’entrailles. Reese, par précaution, se rend à l’intérieur de l’alcôve. Quand il revient, il pose sa main sur mon épaule. 

  • « Désolé que ce soit aussi désagréable, ajoute-t-il à son geste.
  • Tu as fait ce qu’il fallait, me dit Yol. »

Il faudra encore du temps pour que je m’en convainque. La suite aidera. D’autres missions me feront effectivement comprendre qu’il existe des monstres. Non pas à cause de leur aspect, mais à cause de leur incapacité à faire le bien ou peut-être davantage, à cause de leur propension à faire le mal. Parfois, ce sera le cas d’humanoïdes. C’est la première fois que je tue. Et cette première fois, ce sont des gobelins. 

Autant que possible, nous vidons la grotte de tout ce qu’elle contient, notamment de précieux. La récupération de matériaux fait aussi partie de notre métier et sert à notre rémunération personnelle. Il nous faudra également faire un rapport de tout cela à la guilde. Les animaux nous sont d’ailleurs bien utiles pour nous aider à ramener les chariots dans lesquels nous faisons monter toutes les femmes. Certaines dans les jours à venir accoucheront malheureusement d’un gobelin, probablement. Mais les fermiers sauront s’en charger. 

De toute cette aventure, je suis cependant heureux de voir une chose. Aucune des villageoises enlevées n’a été rejetée de quelque façon que ce soit. J’ai déjà entendu parler de femmes dont on ne voulait plus parce qu’elles n’étaient plus pures. Quelle idiotie ! Ces villageois me rassurent. Ils ont vécu des moments difficiles, mais ne baisseront pas les bras pour permettre à leurs proches, traumatisées de bien des façons, de retrouver une vie normale et agréable.

Marc, Thane, Yol, Reese et moi rentrons enfin après tout cela. Demain, une autre aventure nous attend. Nous ne l’avons pas encore choisi et ce sera peut-être là aussi une véritable épreuve autant physique que mentale. Il nous faudra nous procurer de nouveaux vêtements, de nouvelles armes, de nouvelles armures et d’autres objets forts utiles. Mais nous rentrons tous riches de deux choses. D’expérience et de vie. 

Stephen Morlet

Découvrez la nouvelle de Stephen Morlet. Lisez, appréciez et votez pour lui. Résultat chaque lundi !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.